Plaque
" tirage au sort "

Hauteur 13,5 cm
longueur 18 cm

Vers 1904

Le Service Militaire

bulletLe tirage au sort

Une affiche signée du bourgmestre et des échevins faisait savoir aux futurs miliciens la date du tirage au sort. Le jour fixé, on groupait les intéressés de toutes les communes faisant partie du canton de milice. Et le tirage commençait sans cérémonie. Les jeunes villageois s'attendaient à autre chose qu'à cette formalité dont la rapidité même empêchait de sentir la fatidique importance et qui fixait le sort des futurs fantassins, cavaliers et artilleurs. Un sous-officier peu sympathique tenait une liste. A l'appel de son nom, on venait retirer, d'une sorte de tambour de bois une feuille de papier avec le numéro ; et le sort en était jeté ! Une fois le verdict tombé, il restait au conscrit apte au service à se préparer à un long éloignement. S’il avait des parents fortunés, il lui restait la possibilité de s’acheter un remplaçant, que ce soit un plus chanceux que lui lors du tirage au sort ou un conscrit d’une classe précédente qui était prêt à « rempiler » !
Le système en vigueur à l’époque autorisait cette pratique. Ces remplacements faisaient l’objet d’un contrat souvent passé devant notaire et dont le montant de la transaction représentait une somme d’argent importante (10 à 12.000 francs de l’époque), et n’étaient véritablement abordables qu’aux « fils à papa ». Il permettait ainsi aux fils de familles aisées d’échapper à une expédition longue et hasardeuse, en même temps qu’il fournissait une source de revenus inespérés à de pauvres gens démunis…
Pour certains, le bon numéro était source de soulagement et de fêtes. Pour commémorer cet évènement on imprimait des cartes postales où un conscrit joyeux faisait voir son numéro.