Plein feu sur le coq …. Wallon ou de Jemappes.
Rédaction: Eric Prévost - Mars 2023.

1. L’ensemble à liqueur.
Pour les montois qui vivent leur ville, qui s’y promenaient, le coq wallon est un troquet, place Louise à Mons. Cette enseigne fait partie du patrimoine Montois, au même titre que le service à la liqueur complet et sans défaut que je vous présente (photo 1).
Tous les modèles de cet ensemble sont en reliefs que ce soit le coq, le plateau ou les godets. Mais voyons pièce par pièce les motifs qui les décorent (photo 2).

Le coq. Il est composé de deux parties. La tète est amovible et très instable. Un papillon et une fleur décorent l’aile et ce, des deux côtés. Le corps est couvert de petits cœurs en creux. La dorure est magnifique et est absolument extraordinaire sur la manche (anse) qui sert normalement de panache au coq naturel.
Le plateau. Il est dommageable que le coq se pose sur un si beau travail masquant une pièce qui se suffit à elle-même. Il est conçu comme un bouclier qui présente les armoiries d’un seigneur. Tout en relief grâce à sa place centrale, il hypnotise le regarde. Comme un soleil, il rayonne par la dissipation de rayons concentriques qui avec une lumière brillent de mille feux. Le périmètre en brun reconcentre les yeux vers ce coq central (photo 3).
Les godets. Ils ne sont pas uniquement en beige et brun (fleur) mais aussi en bleu et blanc (fleur). Ils sont aussi placés autour d’un tonneau à liqueur (présentation à venir sur le site). La photo présente une variante en bleu, avec le même modèle en relief que sur le service à liqueur décor « coq » (photo 4). 2. Comparaison des différents modèles de coq.
Ce coq diffère quelque peu de celui présenté auparavant. Comme une photo vaut mieux qu’un long discours, j’ai présenté les deux coqs face à face (photo 5).
Au jeu des erreurs, il y a 2 différences qui sautent aux yeux :
  • le panache arrière : dans un cas les dorures soulignent et imitent les différentes plumes qui ornent la queue, dans l’autre « l’or » inonde la panache arrière.
  • la teinte de fond de l’ensemble, une sorte de jaune poussin.
  • Sinon, après un examen scrupuleux des coqs, le décor et le modèle semblent quasi similaire (mêmes représentations en reliefs ou en creux).
    Comme vous pouvez le voir sur la photo 5, ce gallinacé sert aussi de décor sur le modèle 825 (la cruche). Son design est plus épuré mais plus excentrique au niveau de la queue ce qui lui confère plus une vision de paon que de coq ou pour les montois fans de musiques militaires, un chapeau des Bersaglieri. Le modèle est aussi en relief et orné de dorures. Le col de la cruche en forme évasée vers le haut ressemble à une crète de coq avec ces « flammes verticales » et s’agrandissent vers le haut comme des pétales emportés par le vent. La lèvre (partie supérieure du col) est surlignée de doré.
    Le cachet C.M.M. (photo 6) sous le coq témoigne de l’authenticité de ces céramiques « Dubois ». A noter que le numéro de modèle est 990 (qui dit mieux). Je n’ai jamais vu, chez Antoine Dubois, de numéro de modèle supérieure à 1000.

    3. Caractéristiques des éléments de l’ensemble à liqueur.
    Ceci est un bref aperçu comme vous en avez l’habitude sur le groupe « Facebook ».
  • Le coq (Modèle 990, décor inconnu mais classé dans « Animaux » sur le site, sans signature cachet C.M.M. sur le plus clair présenté sur la photo 6), hauteur : 23 cm.
  • Le plateau (Modèle inconnu mais porte vraisemblablement le même N°, décor inconnu, sans signature ou cachet) : diamètre 28 cm.
  • Les godets (Modèle inconnu, décor inconnu, sans signature ou cachet) : hauteur de 4,5 cm.
  • L’ensemble sera classé dans le décor « Animaux ».


    4. Les cruches.
    Le coq fier et majestueux se hisse aussi sur le modèle 825 (ici de taille 2).
    Le modèle est décliné en 2 couleurs « jaune poussin »/brun, et bleu/blanc. Pour mettre en évidence la volaille, le blanc est de rigueur sur le fond bleu mais je trouve l’animal moins bien mis en évidence avec cette couleur mais son classicisme le rend plus décoratif.
    Une particularité des cruches c’est que les couleurs foncées du décor du coq (photo 7) deviennent plus claires sur la cruche du bleu (photo 8). En photographie, on pourrait dire que l’image de l’un est le négatif de l’autre.
    Comme pour le coq, les cruches sont en relief et des petits cœurs en creux augmentent la complexité du moule pour la fabrication de cette céramique.
    Une série très surprenante et peu vue.
    Le service à liqueur existe peut-être en bleu comme la cruche… à vous de le trouvez..